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L'histoire de la PMU

Naissance

La population urbaine est en pleine expansion. Les nouveaux citadins sont souvent logés sans chauffage ni eau courante. Les familles pauvres paient un lourd tribut à la maladie, aux accidents, au chômage et à l’alcoolisme. Une épidémie de typhus frappe la population.

 

En 1887, le Dispensaire central pour «malades indigents» est créé à la place Pépinet grâce à de généreux donateurs, la mobilisation de 25 médecins bénévoles et l’appui de la Ville de Lausanne. Des consultations à titre gracieux sont mises sur pied pour la population. Certains jours, l’affluence est telle que des patients attendent leur tour dans les escaliers et parfois même sur la place Pépinet!

 

Avec le soutien de l’Etat de Vaud et de la Faculté de médecine de l’Université de Lausanne, le dispensaire, entre-temps devenu «Policlinique universitaire et dispensaire central», emménage en 1904 dans de nouveaux locaux au chemin de la Solitude, rebaptisé plus tard rue Dr César-Roux. Le nombre de patients est passé de 10'000 en 1889 à 49'000 en 1907.

Personnages

  • Charlotte Olivier:
    En 1906, la tuberculose provoque la création d’une consultation spécialisée. Dès 1912, Madame le Dr Charlotte Olivier ouvre le Dispensaire antituberculeux avec le soutien de la Commune de Lausanne. La Policlinique universitaire organise des «cures d’air» sur son propre toit et à Sauvabelin.
    Charlotte Olivier voua sa vie entière à la lutte contre la tuberculose et au développement de la médecine sociale. Sa disparition en 1945 coïncide avec la fin d’une époque. La vocation de dispensaire et de bienfaisance de la Policlinique universitaire va s’estomper. La généralisation des assurances maladie diversifie sensiblement la clientèle de la Policlinique universitaire. La recherche se développe.
      

  • Edouard Jéquier-Doge:
    Le professeur Edouard Jéquier-Doge dirige la Policlinique universitaire durant 27 ans, dès 1950. Il apporte une nouvelle dimension à la médecine interne: l’examen, l’observation et la sensibilité du malade sont pris en compte. Il fera beaucoup pour la défense de la médecine générale, nécessaire contrepoids à la spécialisation de la médecine.

Le décret

Dans le décret de 1957, le Grand Conseil confie à la Policlinique universitaire la mission de former les futurs médecins en policlinique, dans le cadre de la Faculté de médecine. La Policlinique universitaire prend le nom de «Policlinique médicale universitaire et dispensaire central de Lausanne». Elle devient un établissement de droit public.

Partenaire du CHUV

Quarante ans après le décret, en 1997, le Grand Conseil vaudois vote un crédit pour la construction d’un nouveau bâtiment pour la PMU, sur le site de la cité hospitalière du CHUV.

 

En 2002, la PMU se rapproche physiquement du CHUV. Elle s’installe à la rue du Bugnon 44, dans le bâtiment flambant neuf qui accueille également les urgences ambulatoires. Les patients qui se rendent aux urgences et qui n’ont pas besoin de soins hospitaliers sont traités par les médecins de la PMU.

Nouvelles activités

L’offre en soins de la PMU s’est étendue avec les années. Elle mène désormais des actions de prévention, notamment dans le domaine cardiovasculaire et de la consommation du tabac, ou celui des vaccinations et de la médecine des voyages. Elle gère la consultation anonyme SIDA, les interventions auprès des populations vulnérables ou des migrants, aux quatre coins du canton, par l’entremise des Centres de santé infirmiers.

 

La promotion de la santé passe aussi par les soins dentaires, dispensés par le Service de stomatologie et de médecine dentaire, et les prestations délivrées par la Pharmacie de la PMU, qui allie officine publique et centre universitaire de recherche et d’enseignement. Dans un contexte de soins coordonnés entre les partenaires de santé, les soins infirmiers se sont également développés, tant sur le terrain clinique que dans le domaine de la recherche.

Enseignement et recherche

La formation est l’une des missions de la PMU. Les cadres de la PMU transmettent leur savoir aux nouvelles générations de médecins, de pharmaciens, de médecins-dentistes, d’infirmières, et aux autres professionnels de la santé.

 

La PMU a donné l’impulsion à la création de l’Institut universitaire de médecine générale (IUMG) en 2007. Cet institut développela recherche et propose un enseignement de la médecine générale aux étudiants.

 

L’IUMG participe aussi à la formation des jeunes diplômés en médecine, en leur permettant de parfaire leur spécialisation à la Permanence PMU-FLON, qui a ouvert ses portes le 6 avril 2010. Les médecins qui se destinent à la pratique de la médecine de premier recours y reçoivent les patients dans les conditions du cabinet médical, sous la supervision de praticiens expérimentés installés en Suisse romande.

Demain, les soins coordonnés

La PMU constitue un centre de référence en médecine ambulatoire et en santé communautaire. Les soins ambulatoires, qui se pratiquent sans hospitalisation et permettent au malade de poursuivre ses occupations habituelles, représentent l’une des tendances du futur. Les autorités encouragent d’ailleurs, pour des raisons tant humaines qu’économiques, le maintien des patients à domicile. Les professionnels de la santé ont conclu un véritable partenariat autour de la prise en charge du patient: ils ne cessent d’œuvrer au développement de réseaux de soins.

 

Dignité humaine, responsabilité, solidarité, professionnalisme, intégrité morale du professionnel. Des valeurs inscrites dans la charte de la PMU, dont le but consiste à assurer des soins de qualité quel que soit le statut social et économique des patients.


Les directeurs

Professeur Paul Demiéville

Directeur de la Policlinique universitaire de 1887 à 1925, premier titulaire de la chaire de policlinique. Elève, puis ami du professeur César Roux, chirurgien très connu, Paul Demiéville est le fils d’une vieille famille bourgeoise de Villarzel dévouée à la cause publique. Le professeur organise la policlinique, visite les malades à domicile, présente les patients aux étudiants en médecine. Les autorités le consultent sur toutes les questions qui touchent à la santé publique.

Professeur Gustave Henri Delay

Originaire de Provence, dans le Nord vaudois. Durant son mandat de médecin cantonal, il est le principal artisan de l’assurance cantonale vaudoise pour les enfants, entrée en vigueur en 1917. En 1919, il fonde la Pouponnière, dont il restera médecin-chef toute sa vie. Il préside à la création de la nouvelle loi sanitaire de 1928. Il est nommé professeur ordinaire de policlinique médicale et chirurgicale en 1925, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1937.

Professeur Alfredo Vannotti

Né en 1907 et originaire de Luino, il se consacre à la recherche scientifique et à l’enseignement. Il se retire en 1950 après 13 ans d’activité au titre de professeur et directeur de la Policlinique universitaire. Il poursuit sa carrière à la Clinique médicale universitaire de Lausanne, qu’il dirige durant 23 ans.

Professeur Edouard Jéquier-Doge

Originaire de Fleurier où il est né en 1907. Chef de clinique, puis médecin adjoint de la Clinique médicale universitaire dès 1937, il est nommé professeur et directeur de la Policlinique universitaire en 1950. Il se retire en 1977.

Professeur Jean-René Hofstetter

Né à Lausanne, originaire de Buchholterberg, dans le canton de Berne. Chef de clinique à la PMU de 1953 à 1958, médecin adjoint de 1959 à 1977, il sera nommé professeur ordinaire et directeur en 1977. Il développe la gastro-entérologie et les techniques d’endoscopie.

Professeur Alain Pécoud

Né en 1946, originaire de Le Vaud. Spécialiste en médecine interne, le professeur a dirigé la PMU de 1990 à 2011. Très impliqué dans la défense de la médecine générale. Il a inscrit le développement de cette activité dans le Département universitaire de médecine et santé communautaires (DUMSC) du CHUV, sensibilisant les médecins en formation à leurs responsabilités sociales. Il s’est préoccupé des soins aux démunis.

Professeur Jacques Cornuz

Né en 1959 et originaire de Chamblon, le professeur Jacques Cornuz est spécialiste en médecine interne. Il dirige la PMU depuis 2011. Bien connu pour ses travaux sur le tabac, il est également très actif dans les domaines de la prévention des maladies cardiovasculaires et du dépistage des cancers. Il milite pour un nouveau concept de partage de la décision avec les patients.