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Policlinique médicale universitaire
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Une étude sur l'IQOS primée par la Fondation Swiss Lung

Le Swiss Aerosol Award 2017, à hauteur de 5000 CHF, est attribué au Prof. Reto Auer, de l'Institut bernois de médecine de famille (BIHAM) et de la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne, qui a dirigé une équipe pluridisciplinaire de toxicologues de l'Institut romand de santé au travail (IST) et de cliniciens-chercheurs de la PMU. Le prix récompense la publication récente de la première étude indépendante sur un système électronique de chauffe de tabac, publiée le 22 mai 2017 dans JAMA-Internal Medicine, revue scientifique américaine renommée.

Publié par Reto Auer

Le Swiss Aerosol Award 2017, à hauteur de 5000 CHF, est attribué au Prof. Reto Auer, de l'Institut bernois de médecine de famille (BIHAM) et de la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne, qui a dirigé une équipe pluridisciplinaire de toxicologues de l'Institut romand de santé au travail (IST) et de cliniciens-chercheurs de la PMU. Le prix récompense la publication récente de la première étude indépendante sur un système électronique de chauffe de tabac, publiée le 22 mai 2017 dans JAMA-Internal Medicine, revue scientifique américaine renommée.

Philip Morris International (PMI) a récemment lancé l’IQOS (I quit Ordinary Smoking), un porte-cigarette qui chauffe à 330°C une mini-cigarette de tabac. Le producteur a annoncé que l’IQOS ne produit pas de fumée car le tabac est seulement chauffé au lieu d’être brûlé et qu’il n’y a pas de combustion. Techniquement, l’affirmation selon laquelle l’IQOS ne relâche pas de fumée pourrait permettre de contourner les interdictions de fumer dans les milieux publics fermés. Dans une Research Letter parue le 22 mai 2017 dans la revue scientifique américaine JAMA-Internal Medicine, les lauréats du prix ont publié les résultats de la première étude indépendante de l’industrie du tabac sur l’IQOS.

Dans leurs expériences exploratoires menées en laboratoire, ils ont observé que l’IQOS émettait un aérosol contenant des composés toxiques que l’on retrouve également dans la fumée d’une cigarette conventionnelle. Ces composés sont caractéristiques du processus de pyrolyse du tabac, source principale des composés toxiques dans la fumée du tabac. Pour les auteurs, l’aérosol devrait être considéré comme de la fumée de tabac et régulée en tant que telle. Ils appellent d’autres groupes de recherche à conduire des recherche similaires et à poursuivre le travail de caractérisation de l’aérosol.

Une équipe interdisciplinaire et indépendante pour informer le public

L’étude a été dirigée par le Prof. Reto Auer, médecin clinicien-chercheur au Berner Institut für Hausarztmedizin (BIHAM) et médecin agréé à la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne. Elle a été réalisée en collaboration avec la Dresse Aurélie Berthet, toxicologue chercheuse à l’Institut de santé au travail (IST) de l’Université de Lausanne et de Genève, ainsi que le Dr Nicolas Concha-Lozano, de l’IST, la Dresse Isabelle Jacot-Sadowski et le Prof. Jacques Cornuz de la PMU à Lausanne.

Les auteurs ont comparé plusieurs composés présents dans la fumée de l’IQOS avec ceux d’une cigarette conventionnelle. Ils ont utilisé un appareil à fumer conçu et testé dans le laboratoire de l’Institut de Santé au Travail (IST). Comme annoncé par le producteur, la température de l'IQOS était plus basse (330°C) que la cigarette conventionnelle (684°C). Par contre, des composés organiques volatils des hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes et du monoxyde de carbone étaient présents dans la fumée de l’IQOS. Malgré une concentration de la plupart des composés toxiques moins élevée que dans la fumée de la cigarette conventionnelle, les chercheurs ont toutefois constaté la présence d’autres substances nocives. En comparaison avec la cigarette conventionnelle, la concentration d’acroléine, l’une des substances irritantes majeures de la fumée de tabac, atteint en effet un taux allant jusqu’à 82%. Par ailleurs, la fumée émise par IQOS contenait 84% de la nicotine présente dans la fumée des cigarettes conventionnelles.

Pour les auteurs, la réalisation d’autres études indépendantes est nécessaire pour être en mesure d’évaluer les effets sur la santé suite à l’usage de l'IQOS. En attendant, ils concluent que les produits de tabac « chauffés » comme l’IQOS devraient être soumis aux mêmes interdictions de fumer que les cigarettes conventionnelles.

La caractérisation de l’aérosol au centre de la problématique

L’’étude se fonde sur un travail minutieux de clarification de réactions physico-chimiques telles que la combustion complète et incomplète, la pyrolyse et la dégradation thermochimique du tabac lorsqu’il est chauffé dans l’IQOS. Les produits toxiques émis par les cigarettes conventionnelles sont avant tout dus à la pyrolyse, ou, autrement dit, à la dégradation thermique du tabac en l’absence d’oxygène. Les composés caractéristiques formés lors de la pyrolyse sont l'acétaldéhyde, un composé organique volatil cancérigène irritant, le benzo[a]pyrène, un hydrocarbure aromatique polycyclique cancérigène et le monoxyde de carbone.

L’étude a fait l’objet d’une couverture médiatique considérable sur le plan international, avec plus de 30 articles publiés dans la presse écrite et électronique. Le Professeur Mitch Katz, Senior Editor de JAMA-Internal Medicine, a également consacré un éditorial à cette première étude indépendante. Par ailleurs, les auteurs ont été contactés par des organisations en Suisse et dans le monde pour apporter leur expertise sur la base de leur travail de recherche et sont invités à des conférences internationales pour présenter leur travail, preuve de l’importance de ce thème pour le public et les autorités sanitaires.



Document(s) annexe(s)

Communiqué Swiss Aerosol Award 2017


Dernière mise à jour le 13.11.2017 15:31